mercredi 14 février 2018

ELO#313 - Bettye Lavette, sous toutes ses formes


14 février 2018

On voit beaucoup Bettye Lavette en ce moment, comme pour rattraper le temps perdu... Un nouveau disque en préparation, des concerts en groupe ou en duo, des invitations à participer à des hommages etc...

Bettye Lavette, lors du concert hommage à Leonard Cohen, In My Secret Life:

Bettye LaVette, avec Edward Alstrom au piano:




Bettye LaVette, avec son groupe complet, 45 minutes pour finir en beauté l'année 2017...

Et en 2018, Bettye Lavette va sortir un disque entièrement consacré aux compositions de Bob Dylan. Le disque intitulé Things Have Changed contient la chanson éponyme, à l'origine publiée par Dylan dans la bande originale du film Wonder Boys (2000).

De Bob Dylan, elle dit:

"Bob Dylan écrit d'une manière étrange. Il n'écrit pas vraiment de la poésie. On le qualifie de poète, mais il écrit de la prose. Les chansons de Dylan sont des conversations. Il se plaint de tout. Pourtant, ce n'est de sa faute! J'ai été très surpris par deux choses. Qu'il se plaint tout le temps, et qu'il a une dent contre ... la plupart des femmes.

J'ai beaucoup pensé à lui en faisant les chansons. D'habitude, je prends les chansons, et je les met dans ma bouche. Mais là, cela demandait beaucoup plus: chaque jour où je travaillais dessus, ça me faisait mieux le connaître. Donc, je pense que je sais maintenant des choses que les gens ne savent pas, que j'aurais préféré ne pas savoir...
"
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Autre musique noire américaine

L'une des dernières chansons de Charles Bradley, en août dernier: Lovin' You Baby

Encore une version de The Weight, par Mavis Staples:

Et son nouveau titre, dans l'air du temps, If All I Was Was Black:

Stevie Wonder, lors du concert hommage aux Commodores, Easy:

44 minutes de Johnny Guitar Watson en 1977:
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Bande dessinée

« En tant qu’artiste, allions-nous prendre part à la gentrification en cours ? »
Entretien avec Seth Tobocman, auteur de bandes dessinées sociales
Paulin Dardel et Alexandra Josse, Jef Klak, le 27 novembre 2017
http://jefklak.org/?p=5018
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Agenda

21 février 23h25 sur Arte (ou en replay du 21/02 au 01/03): Ghost Hunting, un film de Raed Andoni (Palestine, 2017, 1h30)

D'anciens prisonniers palestiniens rejouent leur détention devant la caméra de Raed Andoni. En impliquant ceux qui vont devenir les acteurs de leur passé reconstruit, en dur et symboliquement, il permet aux uns et aux autres de jouer tantôt les bourreaux, tantôt les victimes, et donc de revivre une expérience de la soumission.

Le réalisateur palestinien Raed Andoni organise un casting de comédiens et de professionnels du bâtiment plutôt particulier : chacun doit être passé par les geôles israéliennes, et, notamment, la Moskobiya, principal centre de détention de Jérusalem. Pas si compliqué : en Palestine, plus de quatre hommes sur dix font l’expérience des interrogatoires et de la prison. Sous le regard du cinéaste, lui-même ancien détenu, ceux qu'il a choisis (géomètre, maçon, architecte, peintre, menuisier, comédien…) acceptent de reconstruire les murs de leurs cellules dans un immense sous-sol vide et de revivre leurs traumatismes. Peu à peu, l'indicible se libère....

Décors en contre-plaqués et mémoires fragmentaires, douleurs occultées et espaces contraints… : c'est un véritable dispositif cathartique qu'a imaginé le cinéaste, lui aussi à la recherche de ses propres fantômes. En impliquant ceux qui vont devenir les acteurs de leur passé reconstruit, en dur et symboliquement, il permet aux uns et aux autres de jouer tantôt les bourreaux, tantôt les victimes, et donc de revivre une expérience de la soumission. Ce rapport de dominant-dominé se reproduit à l’infini, y compris entre Palestiniens, à l’intérieur des prisons, mais aussi à l’extérieur. La violence sous-jacente ou même explicite qui sourd des répétitions permet au spectateur de deviner ce qu'ils ont vécu, avec des scènes d'une densité extrême. Impressionnant.

Né en 1967 en Cisjordanie, Raed Andoni mène un parcours d’autodidacte qui l’associe dès 1997 au développement du cinéma indépendant en Palestine, en fondant alors sa société de production, Dar Films, à Ramallah. Il produit ensuite les documentaires de Nizar Hassan, "Tahadd"i et "Invasion" en 2003. Il travaille également avec Rashid Masharawi pour "Live From Palestine". Des films engagés qui narrent par le réel les difficultés rencontrées en Palestine. Dans la prolongation de cet engagement, il crée en 2008 à Paris avec Palmyre Badinier la société de production Les Films de Zayna. Pour son premier long métrage, "Fix me" (2009), Raed Andoni filme 20 séances de sa propre thérapie. Un film intime, tourné en Cisjordanie, qui, par son approche psychologique, explore la faiblesse de l’homme dans un contexte de conflit. "La Chasse aux fantômes" (Ghost Hunting) est son deuxième long métrage.

mercredi 7 février 2018

ELO#312 - Sharon Jones posthume


7 février 2018

L'intro du dernier morceau que Sharon Jones a interprété en concert:

Et ses dernier clips:

Sail On!

Searching for a New Day:

Tear It Down:

Tear It Down peut être traduit par "abattez le mur"... tous les murs..... Sharon Jones vs. Donald Trump, un morceau dont les bénéfices seront reversés, selon le désir de la grande dame, au National Immigration Law Center, contre les plans racistes et xénophobes du président ricain. Alors achetez le là:
https://shopdaptonerecords.com/products/tear-it-down?variant=5478405668898
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Autre Musique de femmes

Siedah Garrett et Boa reprennent le Man in the Mirror de Michael Jackson:

Gunhild Carling reprend le Happy de Pharrell Williams:

Safyr Sfer, rappeuse française, Le bec et la Plume:

Et Melba Liston, tromboniste de l'orchestre de Quincy Jones (1960), My Reverie:

Melba Liston, encore, avec Insomnia (1956)
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Encore un peu de science


Pour se changer les idées, un peu de sciences amusantes et d'études de corrélations, par exemple celle qui démontre que moins les gens mangent de margarine, et moins ils divorcent, c'est prouvé par la statistique:
http://tylervigen.com/spurious-correlations

S’indigner, signe de santé mentale
Sebastien Bohler, Pour la Science, le 17 mai 2011
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actu-s-indigner-signe-de-sante-mentale-26896.php
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Agenda parisien


7 février Ambassade des États-Unis: rassemblement de solidarité avec Leonard Peltier, Red Fawn Fallis et Mumia Abu Jamal

9-11 février Institut du Monde Arabe: Duquende et Diego del Morao, Sergio de Lopez, et le groupe Jaleo de Louis Winsberg avec Jorge Pardo

31 mars Centre Fleury Goutte d'Or: Sidi Wacho pour le lancement de leur deuxième disque...

mercredi 31 janvier 2018

ELO#311 - Palestine 2018


31 janvier 2018

A Jérusalem
Rafeef Ziadah, Youtube, 14 décembre 2017

L'homme orange a parlé
Il a promis la ville,
Le bleu de notre ciel

Il a dit rapidement - « Dieu sait mieux »
Un dieu qui a tendance à s’adresser aux blancs
A leur promettre ce qui ne leur a jamais appartenu en premier lieu
Un dieu trafiquant l'histoire sur le libre marché

L'homme orange a parlé
Il nous a demandé de le suivre à l'abattoir,
De signer l'acte pour nos cimetières,
D’emporter nos morts ailleurs

Il a parlé de la réalité et des faits sur le terrain,
Il a promis la paix si nous acceptions de danser
Pour les dieux des gratte-ciels et des bulldozers,
D’abandonner les cieux,
D’être reconnaissants pour les miettes,
Car les humbles hériteront des décombres...

Homme orange,
Garde ton dieu des gratte-ciels et des terres promises,
Ton dieu d'empereurs et d'alliance impie

Notre foi est un enfant menotté et cerné par les soldats
Notre déesse est une femme s’agrippant au rocher
Nous prions le dieu de la poésie,
Nous nous battons dans les ruelles de la vieille ville,
Nous prions le dieu de la poésie,
Dans chaque souffle à Jérusalem.

Nous nous battons.
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Autres vidéos:

Israël/Palestine : Le danger de la neutralité,
Anna Baltzer, TEDxOcala, le 5 décembre 2017

L'humiliation est le trauma le plus répandu en Palestine
Samah Jabr (la première invitée de Siné Mensuel, depuis 6 ans, qui ne soit pas "blanche"!), Siné Mensuel, Décembre 2017

Le conflit israélo-palestinien ne se règlera pas autour d’un plat de houmos
Samah Jabr, Siné Mensuel, Décembre 2017

A propos du Giro, une nouvelle vidéo sous-titrée en français: Apartheid On Wheels
Apartheid Adventures, Youtube, le 9 janvier 2018

"Sortir six miles au large", une journée dans la vie des pêcheurs de Gaza, sous-titré en français, 11 minutes:
Le Bateau canadien pour Gaza, le 19 janvier 2018
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Actualité de la Campagne BDS:

Les principales victoires de BDS en 2017
Nora Barrows-Friedman, The Electronic Intifada, le 28 décembre 2017

Voici les 20 associations dont les membres se verront refuser l’entrée en Israël
Noa Landau, Haaretz, le 7 janvier 2017

BDS interdit d’entrée en Israël ! La liste noire du régime israélien d’apartheid n’arrêtera pas le développement de la Campagne BDS
La Campagne BDS France, le 9 janvier 2018
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Autre musique:


La version live d'une chanson (sur la brutalité policière) qu'on a déjà passé ici: In the Pines, par Fantastic Negrito

Et puisqu'on est dans la brutalité policière, je n'avais pas remarqué cette phrase de Hip-Hop, la chanson de Dead Prez (2000): "This is real hip-hop, and it don't stop 'til we get the po-po off the block". J'aurais pu la rajouter à ma compilation des chansons anti-flics, sauf qu'il y en avait déjà une de Dead Prez (Cop Shot):

C'est aussi à cette chanson que Erykah Badu fait allusion dans The Healer (2008).

Et puisqu'on est avec Erykah, dommage que sa nouvelle version afrobeat de On and On ne soit plus disponible sur Youtube. Du coup on se console avec 7 minutes, toujours aussi drôle:
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Angela Davis

Comment ça? Personne ne m'a offert ça pour Noël?

Blues et féminisme noir
Angela Davis (1998)

Un article sur le sujet: « Blues et féminisme noir », une analyse signée Angela Davis
Jules Crétois, Jeune Afrique, le 11 décembre 2017

Et une deuxième interview d'Angela Davis dans Ballast, toujours aussi passionnante, qu'elle parle des USA, de Palestine, d'Afrique du Sud...: « S’engager dans une démarche d’intersectionnalité »
Ballast, le 18 décembre 2017

mercredi 24 janvier 2018

ELO#310 - Feu !!


24 janvier 2018

Feu !! est la réédition, traduite en français, du numéro unique sorti aux Etats-Unis en 1926 d'une revue entièrement conçue, écrite et publiée par des artistes et intellectuel.le.s noir.e.s américain.e.s. L'objet est très beau, et il recèle quelques magnifiques textes inédits de mon idole Zora Neale Hurston:

Feu !! Harlem 1926
Avec des textes de Langston Hughes, Zora Neale Hurston, Gwendolyn Bennett, Aaron Douglas, Richard Bruce, Wallace Thurman
Très belle édition française d’Avril 2017 chez Ypsilon, traduction d’Étienne Dobenesque

En novembre 1926 paraît l’unique numéro de la revue FIRE !! — l’une des plus importantes, certainement la plus radicale, des revues africaines-américaines des Années folles. Elle est conçue par un groupe de jeunes écrivains et artistes, qui joueront un rôle essentiel dans le mouvement de la Renaissance de Harlem, parmi eux des figures emblématiques comme Langston Hughes ou Zora Neale Hurston. Des nouvelles, des poèmes, une pièce de théâtre, un bref essai, un article critique, des dessins… Le recueil est bref et composite, tous travaillent les couleurs et les sons, leur trait et leur discours, à vif, dans un nouveau langage expérimental et intimement expérimenté. La vie du peuple noir est rendue telle qu’on n’avait jamais osé la représenter, les tabous sont levés, on ne regarde pas le monde autour de soi à travers le filtre blanc bourgeois : la prostitution existe, l’homosexualité existe, la musique et la danse, la violence et l’alcool, l’amitié et l’amour, l’art et la littérature, existent — c’est la vie aux États-Unis, vue depuis Harlem la capitale de la culture noire dans les folles années 1920.

L'ouvrage sera présenté en musique, le 31 janvier 2018 à 20h, au Hangar, 5 rue Raspail, Ivry-sur-Seine :

Lecture musicale et débat à l’occasion de l’édition française de « FEU !!» Avec le Zora et Duke Sextet : Clara Brajtman, lecture / Thibaut Merle, sax ténor, clarinette, arrangements / Yann Lupu, trompette, trombone / Vladimir Médail, guitare, banjo / Carel Cléril, contrebasse / Clément Brajtman, batterie.

Débat avec Claire Joubert, professeur de littérature anglaise / Sylvain Pattieu, historien et écrivain / Sarah Fila-Bakabadio, historienne / Isabella Checcaglini, éditions Ypsilon.

Et une émission de radio y est consacrée:

Fire ! Harlem 1926
Emmanuel Laurentin, France Culture (La Fabrique de l'Histoire), le 23 janvier 2018 (52 minutes)
https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/black-studies-24-fire-harlem-1926
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Musique du monde entier


D'Australie, A.B. Original est un duo de deux rappeurs autochtones (aborigènes). Leur dernier titre, January 26, explique à quel point ce jour de la fête nationale australienne est une insulte pour eux, puisque c'est le jour où leur terre a été envahie par les colons et leur sort voué à la misère... Ils ont au moins obtenu que le Triple J Hottest 100, émission de radio nationale où les 100 meilleures chansons de l'année sont choisies par plus de deux millions d'auditeurs, ne se déroule dorénavant plus ce jour ci:


De France, en hommage aux Zadistes victorieux Vas-y José, par Les Sales Majestés:

Du Bahrein, une version de No Woman No Cry, par Mohammed Al Bakri :

Du Chili, en 1977, le groupe Quilapayun en exil en France met en musique ce poème de Pablo Neruda qui date de 1950 (Los Enemigos) mais toujours d'actualité: Pido Castigo

Et en ce qui concerne la Corée du Nord, pire que la Bombe atomique, on trouve le Moranbong Band:

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Un peu de science

Un joli petit film de 2 minutes, de Julie Doumenjou, Petit Flocon

Non, on n'attrape pas un rhume en prenant froid
Maël Lemoine, Slate, le 8 novembre 2017

Science: points forts et découvertes de 2017
Québec Science, le 25 décembre 2017

mercredi 17 janvier 2018

ELO#309 - Prince et Ledisi


17 janvier 2018

De retour de vacances, voici 20 minutes avec Ledisi au Tiny Desk:

A la fin de sa prestation, elle interprète High, qu'elle dédie à Prince. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais en voici le clip:

Entre temps, elle a sorti un nouveau titre: Add To Me

Il faut néanmoins peut-être rappeler que la dernière chanson du dernier album publié par Prince, en 2015, est Big City, un duo entre Prince et Ledisi. Il fait suite à un drôle de duo qui avait été enregistré en 2013 (et à sa participation comme choriste dans plusieurs concerts entre 2008 et 2012): Ain't Gonna Miss U When U're Gone.

Et puisqu'on parle du dernier disque de Prince, Hit'N'Run Phase Two, j'avais signalé la chanson très politique Baltimore qu'il avait écrite suite aux assassinats de Michael Brown et Freddie Gray  (et à ce propos, Ledis avait aussi sorti sa chanson I Can't Breathe), je n'avais alors pas remarqué une autre chanson politique: Black Muse.
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Autre musique

Étranges Étrangers (de Jacques Prévert) par André Minvielle et Christophe Monniot (février 2017)

Un petit jazz egyptien de Mostafa Rizk, un Yalli Mashia 3Eltareek qui ressemble un peu au Work Song de Nat Adderley (ou Sing Sing de Claude Nougaro):

Deux fois 4 minutes avec Gregory Porter:
Sunny:

Mona Lisa et L-O-V-E:

Un peu de rock beauf québécois au 15ème degré: Mononc' Serge - Signe s'es boules (2011):

Vous vous souvenez de la question de Terry Callier: What Color Is Love? Réponse inattendue du Québécois Bernard Adamus en 2010:

Pour finir, un clip et une chanson soul de Noël pas mal du tout, par Robert Finley: Merry Christmas, I Love You

Et Minuit Chrétien (un autre cantique de Noël un peu en retard), mais par Aretha Franklin et Billy Preston, alors ça passe:
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Divers

Pour se changer les idées, des images fascinantes de la diversité qui nous entoure, et que nous détruisons méthodiquement:
-Animaux étranges
-Beaux animaux
-Nuée d'étourneaux
 
Avez-vous entendu parler de la pénurie de beurre qui frappe la France en ce moment? Fait réel, mais film humoristique pour le relater:

mercredi 20 décembre 2017

ELO#308 - Solidarité de Noël avec la Palestine


20 décembre 2017 - Dernière chronique avant un mois


Vous connaissez le groupe français Acid Arab? C'est de la musique électro largement influencé par des musiques orientales, bien qu'aucun des deux DJs ne soit d'origine arabe. Un exemple ici, avec La Hafla, ou ici sivous en voulez plus.

Ils ont fait une déclaration sympa sur facebook le mois dernier:

"In response to some propaganda claims regarding Acid Arab shows in Jaffa and Haiffa, we would like to clarify that these shows are performed in Palestinian venues, and organized by Palestinian promoters.
In the past, we played three times in Tel Aviv. We were naive enough to think that our musical project could break barriers and that we would perform for the «good» or the «right» people of Israel. But we realized recently that this is an impossible task, as Israel government, whose politic we consider as being one of reject and occupation, is too much present in every aspect of cultural life in Tel Aviv. We have decided not to perform again in non-Palestinians venues of Tel Aviv, nor to appear in Israel connected events worldwide.
We refuse to lend our names to a regime of occupation, lead by religious convictions instead of human rights. We will never undermine the non-violent Palestinians struggle for freedom, justice, equality and peace.
Much love and respect for all."


Vous connaissez le groupe mapuche Puel Kona? Probablement pas, ce sont des Mapuche de la Patagonie argentine. En 2016, ils se sont associés à deux autres groupes argentins, Karamelo Santo et Las Manos de Filippi, pour une version punk de la chanson Palestina, qui lie le destin de ces deux peuples colonisés.


Vous connaissez l'actrice et metteuse en scène indienne Mallika Taneja? Non Plus? On entend surtout parler des artistes qui vont en israel ou de celles et ceux, de plus en plus rares, qui annulent. Mais on entend rarement parler de celles et ceux, comme Mallika Taneja, qui refusent les sollicitations avant même qu’elles soient annoncées. C’est le boycott silencieux. Et finalement, elle a décidé de rendre sa décision et sa lettre publique (en anglais)...


Et un peu de cinéma palestinien:

L'ensemble des films diffusés par Les Mutins de Pangée sur le sujet...

Pillés à Beyrouth il y a 35 ans, maintenant projetés à Tel Aviv
Rami Younis, +972, le 4 décembre 2017
http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/12/11/pilles-a-beyrouth-il-y-a-35-ans-maintenant-projetes-a-tel-aviv/
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Solidarité avec les Femmes


Aux États-Unis, en 1970, un collectif de femmes formé à Boston commence à diffuser une brochure intitulée Our bodies, ourselves. Pour ces femmes, il s'agit alors de s'approprier leur corps pour mieux le connaître, dans toutes les étapes de la vie, de ne plus abandonner cette connaissance au seul monde médical ; et de s'adresser à l'ensemble des femmes. Ce qui n'était d'abord qu'une brochure devient un livre, réédité plusieurs fois : la dernière version américaine date de 2011.

En France, en 1977, un autre collectif de femmes tente de le traduire avant de conclure que le contexte américain est trop loin de ce qu'elles vivent : il faut le réécrire, l'adapter: Notre corps, nous-mêmes. Elles utilisent la même méthode (partir de leur propre vécu et des témoignages qu'elles récoltent) pour rapporter une multiplicité de voix et d'expériences. Ainsi, personne ne se place en surplomb, décrétant ce qui est normal et ce qui ne l'est pas, ou ce qui est moral ou ne l'est pas. Le livre sera publié en 1977, chez Albin Michel, sous le titre Notre corps, nous-mêmes. Réimprimé plusieurs fois, il reste un grand classique féministe, présent dans de nombreux plannings familiaux et transmis de mères en filles. Mais il est épuisé depuis bien trop d'années et n'a jamais été actualisé. 

Le livre est en cours d'adaptation au contexte actuel en France, ils ont aussi besoin de thunes et c'est Nöel, alors Donnez Donnez Donnez!

Le livre est aussi en cours d'adaptation au contexte actuel au Québec...
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Solidarité avec les Forestiers


HK s'associé aux Forestiers du Snupfen Solidaires et à leur combat sous forme d'une chanson, Usines à bois !, et d'un clip. Pour les soutenir, il existe une pétition...
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Autre musique


Je ne suis pas fan des chants de Noël en général, et de White Christmas en particulier, mais je dois avouer que cette version de Don Bryant est vraiment pas dégueu.

Gregory Porter dans l'ultra classique Christmas Song (2017):

Et, pour changer, avec une chanson de Gil Scott Heron (pas la plus connue), A Toast To The People:

Fantasia et CeeLo Green reprennent le duo de Ray Charles et Betty Carter sur Baby It's Cold Outside (2017):

Get It While You Can par Robert Finley (2017):

Et un petit gospel de la fin des années 1970, I Must Tell Jesus, par Bernard Williams.

Archie Shepp en 2001, reprend le God bless the child de Billie Holiday

A propos de lui, chaque année, Archie Shepp participe au festival de Jazz de La Villette. Chaque année, je me dis "encore? il va finir par se répéter!", mais chaque année, et encore une fois cette année, il arrive avec un projet original et efficace: d'abord 45 minutes de duo avec le pianiste Jason Moran, puis 1h avec un choeur gospel, Amina Claudine Myers, Olivier Miconi, Darryl Hall et Hamid Drake pour un répertoire Art songs and Spirituals...
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Nazis


En 1939 aux Etats-Unis, les nazis pouvaient (déjà?) remplir le Madison Square Garden:

A Night at the Garden (1939, 7 minutes)

Plus d’infos sur le jeune juif qui a tenté d’interrompre ce meeting et a été condamné pour trouble à l’ordre public, avec une phrase du juge devenue culte : "Des innocents auraient pu être tués"

L'histoire du plombier juif qui a interrompu 22.000 nazis à New York en 1939
Claire Levenson, Slate, le 19 octobre 2017
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Donnez


-Donnez au Gisti
-Donnez à la Cimade
-Donnez au Droit au Logement
-Donnez à Basta Magazine-Donnez à Acrimed
-Donnez à CQFD Magazine
-Donnez à la Campagne BDS France (malheureusement ça ne peut se faire que par chèque à l'ordre de « Solidarité – Palestine », à envoyer à l’adresse suivante: Solidarité Palestine, 21 ter rue voltaire, 75011 Paris)-Donnez au Boycott National Committee palestinien en Palestine
-Donnez à Solidarité Sans Frontières au Canada
-Donnez à Electronic Intifada aux Etats Unis

Et ELO va prendre une pause d'au moins un mois pour des vacances...

mercredi 13 décembre 2017

ELO#307 - Se débarrasser de Google


13 décembre 2017

On est nombreux à penser qu'il faudrait se débarrasser de Google, de ce Big Brother monopolistique, mais il faut bien reconnaître que c'est pratique... d'ailleurs ce blog est hébergé par Google...

Avant Google, il y avait d'autres moteurs de recherche (Altavista par exemple) presque aussi bons, et j'ai du mal à croire que c'est le petit avantage qu'avait Google qui permet d'expliquer son succès à plates coutures...

En revanche, si la CIA a créé et financé Google, cela expliquerait les moyens gigantesque mis à sa disposition pour acquérir les Big Data avec lesquelles elle a acquis ses compétences (pensez par exemple aux photos satellites et les photos de chaque maison de chaque rue de chaque ville de chaque pays de toute la planète!), son pouvoir et, en retour, sa fortune, avec au passage la mise au ban de tous ses concurrents. Je m'en doutais un peu, mais ce genre d'article (en anglais) permet de remonter le scénario.

Aujourd'hui encore, Google travaille de concert avec la CIA, comme en témoigne le passage d'Eric Schmidt, ancien PDG de Google et actuel président d'Alphabet, comme conseiller officiel pour le Pentagone...

En même temps, c'est aussi l'armée américaine qui a inventé internet, ce n'est donc pas si étonnant qu'ils veuillent que ça leur soit utile. A nous de le savoir et d'en tenir compte... mais depuis quelques temps, je suis à nouveau motivé, à cause de la nouvelle arnaque de pseudo-traque aux fake news, qui n'est en fait qu'un pretexte pour censurer les sites web d'extrême gauche.
 
Exemple: le World Socialist Web Site (site d'information multilingue de l'internationale trotskyste. On pense ce qu'on veut de ses opinions, mais il n'est pas là pour diffuser de fausses informations), qui publie des auteurs aussi célèbres et réputés que Chris Hedges.

Du coup, je me suis mis à la recherche d'un moteur de recherche alternatif. Critères: il ne doit pas juste utiliser le moteur de google, et il doit avoir un onglet "actualité". Si ça marche, quand on cherche "World Socialist Web Site" (avec les guillemets) dans l'onglet actualité, on doit trouver des articles de ce site, ce qui n'est pas le cas avec Google. En option: pas de cookies, pas de traçage de la navigation, qui respecte la vie privée, qui existe en francais...

Je crois l'avoir trouvé avec Searx.me. Je l'utilise depuis quelques semaines. Certes, c'est plus lent et moins joli que google, la version française ne marche pas toujours, et parfois il faut s'y reprendre à deux fois, mais ça va...

Autres trucs pour limiter les informations que l’on disperse sur Internet:

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Musique


Bilal et The Roots au Tiny Desk, Washington DC, le 30 octobre 2017 (12 minutes)

A propos de #BalanceTonPorc, un rap français vraiment pas mal:

MeToo, par Vin's

Après quelques errances musicales, José James révèle son Better Off Dead, reprise de Bill Withers, premier extrait d'un album entièrement consacré au grand Bill:

Eli Paperboy Reed reprend le tube popularisé par Whitney Houston, I Will Always Love You (originalement par Dolly Parton):

Autre reprise, A Change is Gonna Come, par Brian et Thomas Owens (2013)

Gone Till November, un vieux clip de Wyclef Jean (1997), juste pour le cameo de Bob Dylan à 2:30:

Et la musique du moment: Jacques Dutronc, l'Avant-Guerre C'est Maintenant! (1980).
 
Je ne connaissais pas Houston Person, saxophoniste qu'on retrouve pourtant aux côtés de Melvin Sparks ou de Bernard Purdie (dans sa version du Theme From Shaft par exemple). Il vient de sortir un disque de jazz classique, Rain or Shine, agréable si vous avez une heure pour vous détendre.
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A lire


Une BD sur l'histoire de la musique: Theft : A History of Music (260 pages, Keith Aoki, James Boyle et Jennifer Jenkins, Duke, 2017)

Interview passionnante (comme souvet chez Ballast) sur l'histoire du Tactikollectif de Toulouse, mais aussi plus généralement de la difficile mobilisation politique des immigrés en France, et de leur utilisation, plutôt réussie, de la culture (Motivés, Zebda, Mouss et Hakim, Origines Contrôlées c'est eux!):

Les anticapitalistes n’ont pas fait leur travail dans les quartiers
Ballast, le 13 octobre 2017

Plus général: les 28 volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert sont désormais en ligne sur le site de l’Académie des sciences:
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Documentaires


Rien à Cacher est un documentaire vidéo de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic (1h26, 2016), dédié à la question de la surveillance de masse et à son acceptation dans la population.

Et Sarcellopolis est un reportage radio de 30 minutes sur Sarcelles, avec Fatima Idhammou interviewée par Stefan Christoff, CKUT (Montréal), janvier 2017.

mercredi 6 décembre 2017

ELO#306 - Le réchauffement tue!


6 décembre 2017

La banquise de l'antarctique fond, mais on s'en fout puisque ça ne tue que des bébés manchots. La pollution tue, mais on s'en fout, puisqu'elle ne tue que des piafs. Et même, à la rigueur, ça nous arrange puisqu'elle tue des insectes.

La pollution tue aussi 9 millions d'êtres humains dans le monde par an, trois fois plus que les morts combinées du sida, de la tuberculose et du paludisme, ou 15 fois plus que les morts de toutes les guerres de la planète!!! Au passage, ça coûte 4000 milliards d'euros par an, mais comme 8 des 9 millions sont pauvres et que ça rapporte à certains, ça compte dans la croissance!

Même morts, on pollue, mais le plus grave est probablement que ça affecte... la production de vin!

La fin du monde en musique (suite de la Compil de la fin du monde):

Ben Harper, Call it what it is, 2016

Premier Mai
Damien Saez, Youtube, le 30 avril 2017

On va tous crever
Frédéric Fromet, France Inter, le 5 mai 2017
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Autre musique

Le nouveau John Legend - Penthouse Floor et Signed, Sealed, Delivered, le morceau de Stevie Wonder, interprété par John Legend tout seul au piano.

Le nouveau Sweet Pea Atkinson - Are You Lonely For Me Baby? 

Le nouveau Lee Fields, Time, et la nouvelle reprise de Keziah Jones, Joy In Repetition

Un duo piano / oud: Flying Street par Stefan Christoff et Sam Shalabi, La Sala Rossa (Montréal), 2014

Stax Live: de 1967 (la deuxième heure) à 2017 (la première heure)

Une émission sur la musique irakienne dans les années 1940-1970: Nazem et Salima: le temps où Bagdad chantait (1h)
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Chroniques de Dror de mars à octobre 2017

Psikopat mars 2017 - Le Cloaque Comportemental

Psikopat avril 2017 - La Payola, raciste et sexiste

Psikopat avril 2017 - Trump, comme prévu

Psikopat avril 2017 - La machine à remonter le temps

Psikopat mai 2017 - Le Clitoris en 3D

Psikopat juin 2017 - Ordinateurs sans limites?

Psikopat juin 2017 - Grosse bite, mais pas forcément sexiste

Psikopat juillet 2017 - Petites femmes et grands idiots

 Psikopat juillet 2017 - Le fin d'internet

Siné Mensuel juillet 2017 - Quartier en guerre

Siné Mensuel juillet 2017 - Soul is alive - La relève est assurée

Psikopat septembre 2017 - C'était mieux avant...

Psikopat septembre 2017 - C'était mieux encore avant!

Psikopat septembre 2017 - Vivement le futur

A Babord octobre 2017 - Quartier en guerre
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Pollution, encore

De belles (et tristes) photos du Canadien Edward Burtynsky qui en 2006 filmait notre monde industrialisé, avant la fin du monde...

Et un petit film de 12 minutes réalisé par le brésilien Jorge Furtado en 1989: le parcours d'une tomate, depuis sa production dans la plantation, jusqu'à son point d'arrivée à la décharge publique, à Porto Alegre. Grand classique paraît-il, mais je ne l'avais jamais vu... Drôle au départ, mais très triste portrait de notre société avant la fin du monde:

L'île aux fleurs (version française)
Jorge Furtado, Youtube, 1989

Enfin, Otoktonia, un jeu de société coopératif dans lequel les joueurs tentent, ensemble, de sauver la Terre et ses habitants face à de nombreuses menaces telles que la destruction des forêts, le changement climatique, l’agriculture intensive… Partez à la rencontre de peuples autochtones (les Munduruku du Brésil, les Mentawai d’Indonésie, les Pygmées d’Afrique centrale…) et faites équipe avec eux pour déjouer les menaces, notamment grâce à leurs savoirs traditionnels. Ces savoirs renvoient à des usages, des coutumes, des pratiques, des traditions autochtones. Ils sont vos pouvoirs pour sauver la Terre et ses habitants. Ce jeu ludique et immersif s’adresse aux adultes comme aux enfants à partir de 9 ans. Construit avec l’aide d’experts et d’organisations autochtones, le jeu place les participants dans une démarche d’ouverture vers l’autre, de découverte et de respect...
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Mad Meg



Je vous en ai déjà parlé, l'artiste Mad Meg, ses énormes portraits de plusieurs mètres de haut et de large, à l'encre de chine, toujours avec une signification politique, et qui, si l'on zoome sur eux, sont faits d'une multitude de détails passionnants, en petites pattes de mouches extrêmement précises, contenant des textes illisibles mais intriguant... Elle a trouvé la technologie sur le web pour faire qu'on arrive à accéder aux dessins en entier et aux zooms ici. Par exemple son Zuckerberk:
http://www.madmeg.org/zuckerberk/#2/0.3/0.2
http://www.madmeg.org/zuckerberk/#6/0.406/0.294
http://www.madmeg.org/zuckerberk/#8/0.426/0.286