mercredi 23 décembre 2009

Siné Hebdo #68 : Entre les cuisses


23 décembre 2009

Un morceau:
Voici la version live de All the Way Lover de Millie Jackson, qui exhorte les hommes à être des amants "à fond". Après cette chanson, dans le disque "Live and Uncensored" de 1979, elle explique dans un long monologue que ce message s'applique aussi aux femmes, que plutôt que de regarder la télé, elles feraient mieux d'être elles aussi des amantes à donf', et elle leur explique même comment faire. Elle continue son monologue en demandant aux hommes noirs de l'auditoire de faire ce que les hommes blancs font depuis longtemps, et termine avec un conseil: "s'il ne veut pas, assied-toi sur son visage!".

Autres morceaux:
Obsédés Sexuels:
Serge Gainsbourg: 69 année érotique, Sea sex and sun, Emmanuelle, La décadence, Je t'aime moi non plus, Les sucettes, tout le disque Melody Nelson, tout le disque L'Homme à la tête de chou, tout le disque Love on the beat, tout le disque You're under arrest...
James Brown: Sex Machine, Hot Pants
Prince: Darling Nikki, Controversy, Head, It
Betty Davis: Nasty gal
Ohio Players: toutes les pochettes de disque
Marvin Sease: Candy licker
Millie Jackson: All the way lover
Clarence Carter: I like to screw, Strokin
Bobby Rush: Night Fishing
Yellowman: Give me some pussy
Isley Brothers: Groove with you, Between the sheets
Marvin Gaye: Sexual healing, tout l'album Let's get it on, tout l'album I want you
Dinah Washington: Long John Blues, Good Daddy Blues
Frank Zappa: Ms. Pinky, tout l'album Joe's Garage (I, II et III)
Pierre Vassiliu: Charlotte, Laura, Ma cousine, Le choix dans la date...
Jimi Hendrix: Foxy LadyChic: Le Freak
Terence Trent D'Arby: Vibrator
Fishbone: Bonin' in the boneyard
LL Cool J : Doin ItD'Angelo: How Does it Feel
The Doors: Light my Fire
The Beatles: Why don't we do it in the Road?
Peter Gabriel: SledgehammerBruce Springsteen: Redheaded woman
George Michael: I want your sex
Buena Vista Social Club: El cuarto de Tula et Candela
Willie Clayton : Three People
George Brassens: Fernande
Alain Souchon: J'veux du cuir
Juan Rozoff: J'ai envie d'te
Max Romeo et Anti Nowhere League: Wet Dream
Betty Wright: Tonight's the night
Ike and Tina Turner: I've been loving you too long, la version liveMartha and the Vandellas: Motoring
Salt'n'peppa: Let's talk about sex, Push It
Macy Gray: Sexual Revolution
Cyndi Lauper: She Bop
Nina Simone: I want a little sugar in my bowl
Bessie Smith: Nobody in Town Can Bake a Sweet Jelly Roll Like Mine
Sister Rosetta Tharpe: Rock Me
LaBelle: Lady Marmelade
Colette Renard: Les nuits d'une demoiselle
Mani Bella: Pala Pala
Lucille Bogan: Shave 'Em Dry, Till The Cows Come Home


Gamahuchages:
69 année érotique, Gainsbourg
Les sucettes, Gainsbourg
Rocket 69, Connie Allen
Head, Prince
All the way lover, Millie Jackson
Candy licker, Marvin Sease
Walk on the wild side, Lou Reed
Light as the breeze, Leonard Cohen
Go go girl, Charlélie Couture
Catholic Girls: Frank Zappa
Chuck Roberson: Lolly pop man
We don't need it, Lil' Kim
Not Tonight, Lil' Kim

Branlettes:
Darling Nikki, Prince
Variations sur Marilou, Gainsbourg
Je l'aime quand elle s'aime, Charlélie Couture
Madame Rêve, Bashung
Elle s'fait rougir toute seule, Bashung
(When I Think About You) I Touch Myself, Divinyls
J’ai Encore Révê d’Elle (Et Les Draps S’en Souviennent), Il Etait Une Fois (et Didier Super)
Masturbation Blues, Candye Kane
Fingers, Pink
Toyz, Missy Elliot
Plaisirs Solitaires, Chloé Lacan
Les Asphodèles, Marie Paule Belle

Le Père Noël par tous les trous:
I'll Be Your Santa Baby, Rufus Thomas
Back Door Santa, Clarence Carter
Santa Claus Wants Some Lovin', Albert King
Santa Baby, Eartha Kitt
I Saw Mommy Kissing Santa Claus, The Jackson 5

Mon palmarès pour l'année 2009:
Quelques bons disques de soul-funk classique en fin d'année et la découverte du MAP, sur disque, en concert et en interview, constituent les moments forts de cette année pour moi...

Soul-Funk :
1) Lee Fields : My World
2) Naomi Shelton : What Have You Done, My Brother ?
3) The Sweet Vandals : Love Lite

Meilleurs rééditions :
1) Sugar Pie de Santo : Go Go Power
2) Esther Phillips : Alone Again

Meilleurs concerts : Festival de Porretta, Stéphanie Mc Kay, Naomi Shelton,
Terry Callier, Erykah Badu

Et des mentions spéciales pour la maison de disque Trikont et pour le magazine Soul Bag pour leurs supers compilations, ainsi que pour le film Soul Power
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Français :
1) MAP : Les Bronzés Font du Ch'ti
2) Zone Libre : L'Angle Mort
3) Juan Rozoff : Maison Rozoff

Meilleurs concerts : MAP, Juan Rozoff, Mouss et Hakim, Sandra Nkaké
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Jazz :
1) Joshua Redman : Compass
2) Madeleine Peyroux : Bare Bones

Meilleurs concerts : Chano Dominguez, Joshua Redman
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Fourre tout d'ici et d'ailleurs :
1) Amazigh K : Marchez Noir
2) Amar Sundy : Sadaka
3) Mélissa Laveaux : Camphor and Copper

Meilleurs rééditions :
1) Génériques : Hna Lghorba
2) Bonga : Best Of

Meilleurs concerts : Festival Voix de Femmes (Flamenco), Amazigh K, Ken Boothe, Bonga, Mélissa Laveaux, Mulatu Astatké, Amar Sundy

Et puisque la décennie s'achève, voici mon palmarès 2000-2009, toutes catégories confondues!:
D'Angelo: Voodoo (2000)
Tricky: Blowback (2001)
Eels: Daisies of the Galaxy (2000)
Cat Power: The Greatest (2006)
Mouss et Hakim: Origines Contrôlées (2007)
Taraf de Haïdouks: Band of Gypsies (2001)
Sharon Jones: Dap Dippin' (2002)
Buika: Niña de fuego (2008)
Susana Baca: Eco de Sombras (2000)
Mina Agossi: Carrousel (2004)
Keny Arkana: Entre ciment et belle étoile (2006)

Et une mention spéciale à Daptone qui résume sa décennie par une jouïssive compilation: Daptone Gold (2009)

En concert fin 2009 - début 2010:
26-28 décembre Sunset (Paris): Magic Malik new orchestra, trompette jazz moderne
28-29 décembre Sunside (Paris): Eric LeLann quintet, trompette jazz classique
28 décembre Glazart: Martha High, du funk américain
31 décembre - 2 janvier Sunset (Paris): The Volunteered Slaves, du funky jazz français en hommage à Michael Jackson
13 janvier Théâtre de Nimes: El Cabrero, du flamenco charismatique
22-23 janvier Duc des Lombards: Curtis Fuller, trombone jazz classique (John Coltrane, Art Blakey...)
23-24 janvier Sunside (Paris): Tigran Hamasyan quintet, piano jazz classique
Le 23 janvier à Nanterre, le 29 à Alençon et le 30 à Bobigny (Canal 93): Juan Rozoff, LE funk français
Et, l'évènement de ce début 2010, le 4 février à Paris (New Morning), le 9 à Belfort, le 10 à Ris-Orangis, le 13 à Louvain (Belgique) et le 14 à Sannois: Lee Fields, LE disque funk de l'année 2009!!!

mercredi 16 décembre 2009

Siné Hebdo #67 : On chante ici, on vit ici, on reste ici!


16 décembre 2009

Discographie sélective:
Poc Li Dente é Tcheu, Mayra Andrade, Cap Vert
Ya Rayah, par Dahmane El Harrachi ou par Rachid Taha, Algérie
Ach Adani, par Dahmane El Harrachi ou par Rachid Taha, Algérie
La carte de résidence, Slimane Azem et Nourredine Meziane, Algérie
Exil (Dayrib), Idir, Algérie
Tout le disque Origines Contrôlées, de Mouss et Hakim
Immigrés Bitim Rew (Immigrés à l'étranger), Youssou N’Dour, Sénégal
I Feel Like Going Home, Muddy Waters, U.S.
Come, Let Us Go Back To God, the Soul Stirrers, U.S.
El Mayoral (Le maître des esclaves), Susana Baca, Pérou
Africa Unite, Bob Marley, Jamaïque
A La Sierra De Armenia (Seguiriya), La Niña De Los Peines, Espagne
Naci en Alamo, Remedios Silva Pisa, Espagne
Imidiwan Winakalin, Tinariwen, Mali
Assouf, Tinariwen, Mali
Sodade, Cesaria Evora, Cap Vert
Sawah (L’errant), Abdel Halim Hafez, Egypte
Sanarjaou Yaoumann, Fairouz, Liban
Oran Marseille, Khaled et IAM, Algérie / France
Ou veux-tu que j’aille, Tiken Jah Fakoly et Mouss & Hakim, Côte d’Ivoire / Algérie / France
Entre Deux, Sniper, Algérie / France
Manich Mena (Je ne suis pas d'ici), MAP, Algérie / France

Un morceau:
Du disque Origines Contrôlées, de Mouss et Hakim (2007), le morceau Maison Blanche, composé par Cheikh El Hasnaoui. "Maison Blanche" est le surnom de l'aéroport d’Alger...

Une exposition:
Générations: un siècle d'histoire culturelle des Maghrébins en France, à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration à Paris jusqu''au 18 avril 2010.
http://www.generations-lexpo.fr/

En concert dans les semaines qui viennent:
18 décembre Cité de la Musique (Paris): Dans le cadre de l'hommage à Miles Davis, un double concert avec le quintet de Paolo Fresu et avec le Enormous band de Laurent Cugny (avec entre autres Philippe Sellam, Stéphane Belmondo, Flavio Boltro, François Chassagnite, Stéphane Huchard...)
19 décembre Zénith (Paris): Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra, punks d'Europe de l'Est
19 décembre Centre culturel Charlie Chaplin de Vaulx en Velin: « En avant pour Gaza », conférences à partir de 17h30 et concerts à partir de 21h30 avec Amel Mathlouti, La Caution et Médine
http://www.radiopluriel.fr/spip/En-avant-pour-Gaza-La-Palestine.html
26-28 décembre Sunset (Paris): Magic Malik new orchestra, du jazz moderne
28-29 décembre Sunside (Paris): Eric LeLann quintet, du jazz classique

mercredi 9 décembre 2009

Siné Hebdo #66 : Londres nous appelle depuis 30 ans...

9 décembre 2009

Un morceau:

Juste un an après London Calling, donc il y a exactement 29 ans cette semaine, les Clash se complexifient encore plus, avec un triple album bon marché, "Sandinista", et des morceaux encore plus recherchés. Au milieu, on trouve Broadway, l'histoire d'une rencontre avec un clodo au petit matin. Musicalement, on est très loin de la musique punk, mais le morceau se termine avec un clin d'oeil à Guns of Brixton de London Calling, chanté par Maria, la fille du pianiste Mick Gallagher. Guns of Brixton etait une chanson prémonitoire puisqu'elle a été écrite en 1979, avant les grandes révoltes de Brixton qui eurent lieu dans les années 1980...


Des femmes en concert cette semaine:

11-12 décembre à la Peña Flamenco en France (Paris): Rocio Marquez Limon (chanteuse de flamenco) et Guillermo Guillen (guitare)

11 décembre à Canal 93 (Bobigny): Sandra Nkaké, chanteuse de funk française

13 décembre à l'Alhambra (Paris): Terez Montcalm, chanteuse quebecoise


mercredi 2 décembre 2009

Siné Hebdo #65 : Ils les ont conquis

2 décembre 2009


Titres cités :
Journalistes En Danger, Alpha Blondy (Elohim, 1999) Côte d'Ivoire
Justice, Tiken Jah Fakoly (Le Caméléon, 2000) Côte d'Ivoire
Martyrs, Touré Kunda (Live, Paris - Ziguinchor, 1984) Sénégal
Les Martyrs, Tiken Jah Fakoly (Cours d’Histoire, 1999) Côte d'Ivoire
Sankara, Alpha Blondy (Jah Victory, 2007) Côte d'Ivoire
Thomas Sankara, Nahawa Doumbia (Diby, 2004) Mali
Y'en A Marre, Tiken Jah Fakoly (Le Caméléon, 2000) Côte d'Ivoire

Un morceau :
Justice, version live à Paris (2008), qui parle de Thomas Sankara et de Norbert Zongo, mais aussi de Mumia Abu Jamal…

Un journal:
Afriques 21, une vision alternative et de gauche de tout le continent africain http://www.afriques21.org

En concert cette semaine :
2 décembre Strasbourg: Kamilya Jubran, palestinian woman
3 décembre Bellevilloise: Stephanie Mc Kay, funk woman
Le 4 décembre Sannois, le 5 à Rennes, le 6 à Poitiers: Naomi Shelton, gospel woman
Le 5 décembre à Rennes aussi : The Narcicyst arrive en France avec ce super clip :
http://www.dailymotion.com/video/xamyz0_the-narcicyst-phatwa_music

mercredi 25 novembre 2009

Siné Hebdo #64 : Agir en Musique

25 novembre 2009

Version plus longue de l’article:

C’est le 29 novembre 1947 que l’ONU, contre son propre principe d’autodétermination des peuples, recommande aux Palestiniens de céder la majeure partie de leur territoire aux colons juifs. Depuis, l’Etat d’Israël a rogné de plus en plus de territoire, expulsé des centaines de milliers de Palestiniens, assassiné et emprisonné des dizaines de milliers et discriminé tous les autres… Avec la guerre ultra violente contre Gaza l’hiver dernier, une question a retenti dans les rues des villes du monde entier: que faire?

On a déjà évoqué dans Siné Hebdo l’appel de 2005, lancé par la société civile palestinienne au monde entier, pour que soit mis en place un boycott des institutions israéliennes, jusqu’à ce que cet Etat respecte le droit international et les droits humains, qu’il cesse l’occupation, le blocus de Gaza et sa politique d’apartheid. Cette campagne, connue sous le nom de BDS (pour Boycott, Désinvestissement et Sanctions) s'inspire du boycott de l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 et comporte des volets économiques, universitaires, sportifs mais aussi culturels. Il faut, en effet, empêcher l’art et la culture de servir de propagande à l’Etat israélien.

En premier lieu, puisque la campagne BDS s’attaque aux institutions et pas aux personnes, les évènements visés sont les festivals, expositions ou concerts financés en partie par le gouvernement israélien, ici ou là-bas. C’est ainsi que, dès 2006, Roger Waters (de Pink Floyd) a refusé de se rendre en Israël et que Brian Eno s’est publiquement joint à l’appel au Boycott. A l’inverse, des voix s’élèvent contre les chanteurs qui osent aller distraire les Israéliens entre deux bombardements, comme Mercedes Sosa l’an dernier ou Léonard Cohen cette année.

Mais un aspect complémentaire de cette campagne consiste à promouvoir les artistes palestiniens. Car malgré toutes les tentatives d'éradication, la culture palestinienne est vivante et bien vivante. Toutefois, comme tous les Palestiniens, les artistes ont du mal à voyager. Dans un style classique, on a quand même réussi à voir Rim Banna en Europe l'an dernier et, cette année, on bénéficie de la venue de Kamilya Jubran, le 2 décembre, dans le cadre du sixième festival Strasbourg-Mediterranée. Après avoir longtemps fait partie du groupe Sabreen, Kamilya Jubran s'est maintenant lancée en solo et sort son deuxième disque, Makan, où elle chante et joue du oud de façon envoûtante.

Tous les artistes palestiniens sont influencés par la situation politique dans laquelle ils croupissent, on a pu le voir à l'occasion de l'exposition La création dans tous ses états à l'Institut du Monde Arabe, et les chanteurs ne font pas exception. Ils aspirent à nous transmettre leur expérience et c’est donc aussi une façon de les soutenir que d’écouter ce qu’ils ont à nous dire et d’entendre leur vérité… Aujourd’hui c’est aussi par le rap que s’exprime la jeunesse palestinienne, avec les groupes DAM (le plus connu), G-Town, Darg Team ou Ramallah Underground। La scène rap en Palestine, avec ses musiques et ses discours, est décrite dans un chouette documentaire, Slingshot Hip Hop, qui sera diffusé le 10 décembre au cinéma les Trois Luxembourg à Paris dans le cadre d’un festival du film palestinien. Mais c’est principalement sur internet qu’on se tient au courant de l’actualité de ces groupes qui vivent sous un régime d’apartheid ou sous occupation militaire. Pourtant, certains arrivent à enregistrer des disques, voire à faire des concerts à l’étranger. Ne les manquez pas s’ils passent près de chez vous. Après 62 ans d’injustice cette semaine, c’est bien la moindre des choses…

DROR

Sites web:

La campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions:

http://bdsmovement.net/

La campagne en France:

http://campagneboycott.blogspot.com/

La campagne en Suisse:

http://www.bds-info.ch/

La campagne de Boycott Culturel:

http://www.pacbi.org/

Rim Banna: http://www.rimbanna.com/

Dernier disque: Seasons of Violet (2007)

Kamilya Jubran: http://www.kamilyajubran.com/

Dernier disque: Makan (2009)

DAM: http://www.dampalestine.com/

Dernier disque: Dedication (2006)

Darg Team:

http://www.myspace.com/dargteamgaza

Ramallah Underground:

http://www.ramallahunderground.com/

G-Town:

http://www.myspace.com/gtown2002

A propos du film Slingshot Hip Hop, sur le rap palestinien:

http://www.slingshothiphop.com/

http://cpa.hypotheses.org/268

http://www.dominionpaper.ca/articles/2872

http://www.tadamon.ca/post/1619/langswitch_lang/fr

http://www.telquel-online.com/284/arts2_284.shtml

A propos du festival de film palestinien, du 2 au 13 décembre au cinéma Les Trois Luxembourg, à Paris:

http://www.whatcancinemado.com/

Un morceau:

Un rap sympathique du groupe palestinien DAM, Ng’ayer Bukra (Changeons les Lendemains), issu de leur disque Dedication, avec du groove, une jolie mélodie, un choeur d’enfants et, bien sûr, un message politique. Car les artistes palestiniens n’ont pas le luxe qu’ont leurs collègues israéliens de pouvoir écrire des chansons qui ne soient pas toutes profondément marquées par la situation politique dans laquelle ils croupissent...

Autres évènements cette semaine:

28 novembre 21h Les Trois Arts (P20): Dr. Krollspell (avec Carali), quartet de pointures de rock

28 novembre Duc des Lombards: Jean-Pierre Como, Christophe Wallemme et Aldo Romano, trio de pointures de jazz

29 novembre partout dans le monde: journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien

mercredi 18 novembre 2009

Siné Hebdo #63 : Soul Is Not Dead!


18 novembre 2009

Sites web:
Daptone: http://www.daptonerecords.com/

Naomi Shelton: http://www.daptonerecords.com/naomishelton.html
Dernier disque: What Have You Done, My Brother?
En concert à Bruxelles le 3 décembre, Sannois le 4, Rennes le 5, Poitiers le 6, Bordeaux le 8, à Pau le 9, à Montpellier le 11 et PAS à Paris !

Lee Fields: http://www.myspace.com/leefields
Dernier disque: My World

Juan Rozoff: http://www.juanrozoff.com/
Dernier disque: Maison Rozoff
En concert à Paris le 18 novembre, Ivry le 21, Villejuif le 5 décembre

Un morceau:
Je vous recommande un petit jeu: faites écouter ce morceau à votre ami(e) qui est fan de Prince, dites lui que c'est un inédit de Prince et demandez-lui ce qu'il/elle en pense. J'ai fait le test ५ fois et ça a marché à chaque fois. Voici donc un très bon morceau de Prince, sauf qu'il est de Juan Rozoff, Intoxicated, de son album Maison Rozoff (2009).

Autres concert de Soul:
Black Joe Lewis: le 20 novembre à Cognac, le 21 à la Roche sur Yon, le 22 à Paris (Nouveau Casino), le 24 à Poitiers et le 25 à Ris Orangis
Captain Mercier: le 20 novembre à Paris (Baiser Salé) et le 21 à Ozoir la Ferrière
Boney Fields le 20 novembre à Paris (Centre Tchèque)
Davell Crawford le 20 novembre à la Collégiale de Mantes la Jolie

Autres concert cette semaine:
20-21 novembre Levallois (salle Maurice Ravel): flamenco avec Patricia Guerrero, Miguel Lavi, Juan Angel Tirado, Luis Mariano Renedo et David Carmona
21 novembre - 5 décembre Strasbourg: Festival Strasbourg Medterranée avec entre autres Marcel Khalife, Amazigh K, Kamilya Jubran, Tarek Halaby...
http://www.strasmed.com/2009/
24 novembre Casino de Paris: Ridan, le nouveau Renaud

mercredi 11 novembre 2009

Siné Hebdo #62 : Blues d'hiver


11 novembre 2009

Disques des artistes cités :
Albert Collins : Frozen Alive (1981)
Bill Deraime : Live (1993)
Coleman Hawkins et Ben Webster : Encounters (1957)
Screamin’ Jay Hawkins : Live (2004)
Albert King : I Wanna Get Funky (1974)
Jean-Jacques Milteau : Live, Hot n’Blues (2007)
Fenton Robinson : Somebody Loan Me a Dime (1974)
Mem Shannon : Spend Some Time With Me (1999)
Amar Sundy : Sadaka (2009)
Walter Wolfman Washington : Blue Moon Risin’ (1999)
Johnny Guitar Watson : Ain’t That a Bitch (1976)

Un morceau:
Le guitariste et chanteur de blues Walter Wolfman Washington joue d’un blues très funky, comme en témoigne ce morceau avec les cuivres de James Brown, Stop and Think du disque Blue Moon Risin’.

Festivals de blues ce mois-ci :
Jusqu’au 15 novembre Lucerne (Suisse): Lucerne Blues Festival avec Holland K. Smith, Mud Morganfield, BB & The Blues Shacks, Lurrie Bell, Eddie Shaw, Mark Hummel, Rusty Zinn, Dave Riley, Bob Corritore, Elias Bernet, Bryan Lee, Dorothy Moore, Eugene "Hideaway" Bridges, Michael van Merwyk, C.J. Chenier, Marcia Ball, Tomcat Courtney
http://www.bluesfestival.ch

12 novembre Paris (Bataclan): A Dixiefrog Blues Night avec JJ Milteau, Eric Bibb, Bill Deraime, Pura Fe', Mighty Mo Rodgers, Bjorn Berge, Wayne Lavallee, Nico Wayne Toussaint, Amar Sundy, Neal Black, Jean Chartron, Fred Chapellier, Leadfoot Rivet, Tom Principato.
http://www.bluesweb.com

13-28 novembre Yvelines: Blues Sur Seine avec James Hunter, Davell Crawford, CJ Chenier, China Moses, Rokia Traoré, Arno, Chicago Blues Festival, Wes Mackey, Peaches Staten, Keith B. Brown, Calvin Russell, Bjorn Berge, Egidio "Juke" Ingala, Bob Corritore Trio, Black Diamond Heavies, Big Dez, Left Lane Cruiser, Rolling Domino, Cisco Herzhaft, Checkers Gospel Choir, Bob Walsh, Blues Power Band, Nina Van Horn, Marc-André Léger, Antoine Holler, Pat The White...
http://www.blues-sur-seine.com

25 novembre Charleville Mézières: Blues Conspiracy avec Neal Black, Leadfoot Rivet et Nico Wayne Toussaint

27-29 novembre Calais: The Beautiful Swamp Blues Festival avec Chicago Blues Festival, Eddie C. Campbell, Blues Conspiracy, Finis Tasby, Alex Schultz, Raphael Wressnig, Wes Mackey, Dave Riley, Bob Corritore, Tomcat Courtney, Carl Weathersby, Nora Jean Bruso, Malted Milk, Cisco Herzhaft, Blackberry 'n' Mr. Boo Hoo, Sophie Kay, Back To The Roots...
http://www.ccgp.calais.fr

5 décembre Bagneux: Bagneux Blues Night avec Eddie C. Campbell, Chicago Blues Festival, The Boogiematics

10-13 décembre Beaune: Beaune Blues Boogie Festival avec Pierre Alexandre Petiot, Jean-Pierre Bertrand, Olivier Franc Quintet, Axel Zwingenberger, Jean-Paul Amouroux, Richard Loidl, Clemens Vogler, Frank Muschalle, Gospel For All
http://www.jpboogie.com

Autres concerts cette semaine :
13 novembre - 20 décembre Seine Saint Denis: Festival Africolor avec entre autres Staff Benda Bilili, Badume's Band, Etenesh Wassie, le Tigre des Platanes...
http://www.africolor.com
13 novembre Maroquinerie: Zone Libre, Casey et B. James
15 novembre 14h Espace Reuilly (21 rue Hénard, P12): Amazigh Kateb, Akli D, Djamel Allam, les soeurs Ammour, les Zémigrés pour les 30 ans de l'Association de Culture Berbère...
17 novembre Casino de Paris: Madeleine Peyroux

mercredi 4 novembre 2009

Siné Hebdo #61 : Identité Musicale


4 novembre 2009

Les artistes cités:
Amar Sundy
Dernier disque : Sadaka
Site web : http://www.amarsundy.com/
En concert : à Paris le 7 novembre (Baiser Salé) et le 12 (Bataclan), du 17 au 19 à Madrid, à Nanterre le 26, à Aulnay sous Bois le 28

Amazigh Kateb
Dernier disque : Marchez Noir
Site web : http://www.amazighkateb.com/
En concert : à Montréal (Canada) le 12 novembre, à Nogent sur Oise le 14, à Paris le १५, à Reignier le 20, à Manosque le 21, à Strasbourg le 27

Rachid Taha
Dernier disque : Bonjour
Site web : http://www.rachidtaha.fr/
En concert : à Paris (Olympia) le 10 novembre, à Londres le 13, à Montgeron le 17, à Bilbao le 28


Un autre Algérien en France cette semaine :
Khaled
Dernier disque : Liberté
Site web : http://khaled-lesite.artistes.universalmusic.fr/
En concert : à Paris les 6 et 7 novembre (Bataclan), à Oslo le 8, à Stockholm le 9, à Las Vegas le 21


Un morceau:
Du dernier disque d’Amazigh Kateb, Marchez Noir, le morceau Koma est un cocktail de ragga et de musique algérienne, avec une pointe de samples de DJ Boulaone. C’est la moindre des choses pour une chanson qui traite d’alcool et de coma éthylique…

mercredi 28 octobre 2009

Siné Hebdo #60: Les tribulations d’une caisse en bois

28 octobre 2009

Un morceau :

El Mayoral, chanson d’esclavage, traditionnelle de la communauté afro-péruvienne, chantée ici par Susana Baca mais aussi par le groupe Nova Lima qui mélange musique afro-péruvienne et musiques électroniques: http://www.youtube.com/watch?v=zEfl-KNa4Nc

Concerts cette semaine :

Le 28 octobre à Massy et le 29 à Paris (La Cigale): Sandra Nkaké, la meilleure chanteuse de funk en France, avec son groupe au grand complet

30 octobre Bataclan (Paris): Oumou Sangare, grande chanteuse malienne

Le 30 octobre à Pantin et le 31 à Boulogne sur Mer: HK et les Saltimbanks, projet en solo tendance « chanson française » d’un des deux rappeurs du Ministère des Affaires Populaires

mercredi 21 octobre 2009

Siné Hebdo #59: Et la Soul devint féministe…


21 octobre 2009

Deux morceaux :
L’hymne féministe de Jean Knight en 1971, Mr Big Stuff: who do you think you are? You’re never gonna get my love… Mais bien sûr, ce n’est pas parce que quelques morceaux féministes passent sur les ondes que les machos ont tous disparu de honte. Au contraire même puisque Jimmy Hicks répond en 1972: I’m Mr. Big Stuff, just like you see I am… mais il n’aura pas autant de succès que le premier, il y a une justice!

Concerts cette semaine:
Le 22 octobre à Rungis, le 24 à Bruxelles, le 25 à Longjumeau, le 26 à Paris (Olympia): Gilles Vigneault, le grand chanteur québécois
22 octobre Baiser Salé (Paris): Headhunters, l’un des groupes inventeurs du jazz funk dans les années 70
26 octobre New Morning (Paris): Terry Callier, soul acoustique ou folk-soul, chanteur la voix de velours, pas tout jeune mais toujours aussi bon…

mercredi 14 octobre 2009

Siné Hebdo #58: Miles et Bird sont dans un ascenseur...


14 octobre 2009

L'exposition Miles Davis:
Du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010 au Musée de la Musique (Paris):
http://www.cite-musique.fr/wewantmiles

Quelques trompettistes d'aujourd'hui:
Eric Le Lann: http://www.ericlelann.com/
Flavio Boltro: http://fr.wikipedia.org/wiki/Flavio_Boltro

Un morceau:
En 1945, Miles Davis rejoint le groupe de Charlie Parker et l'une de ses premières compositions est Milestones, en 1947. John Lewis est au piano, Nelson Boyd à la contrebasse et Max Roach à la batterie.

Autres concerts de jazz ce mois ci:
Le 14 octobre à Nancy, le 15 à Massy, les 16 et 17 en Belgique, le 20 au Trabendo, le 23 à Marseille, le 24 à Nice: Mulatu Astatké, jazz éthiopien
Le 16 octobre à Toulouse et le 18 à Paris (au Duc des Lombards): Chano Dominguez, jazz flamenco
Les 16 et 21 octobre au Sunset et le 31 au Baiser Salé à Paris: David Reinhardt, jazz manouche
Le 18 octobre à l'Alimentation Générale à Paris: Papafard, jazz franco-africain
Le 26 octobre à Toulouse et le 29 à Paris (Olympia): Sonny Rollins, sax ténor historique
Le 27 octobre à Grenoble et le 29 à Paris (Salle Pleyel): Wayne Shorter, sax ténor un tout petit moins historique mais historique quand même
Le 15 octobre à Villeurbanne et du 31 octobre - au 4 novembre au Sunside (Paris): Bojan Z, jeune pianiste basé en France

mercredi 7 octobre 2009

Siné Hebdo #57: Encore Boris


7 octobre 2009

Des documents:
Le 28 septembre 1955, Boris Vian répond à M. Verney, Maire de Dinard dans Le Canard Enchaîné. Il écrit également une «Lettre ouverte à M. Paul Faber, conseiller municipal», qui ne sera pas publiée par France-Dimanche mais dont voici une copie: Boris-Faber55

En août 1967, Siné échange des lettres avec R Bellenger, lecteur de Jazz Magazine, à propos de Boris Vian. Voici cette lettre: Siné-Boris67

Concerts cette semaine:
6-17 octobre Nancy: Nancy Jazz Pulsations avec Eric Legnini, Raphael Saadiq, Rachid Taha, Sophie Hunger, Brigitte Fontaine, Charles Walker, Maceo Parker, Mick Taylor, Eric Bibb, Archive, US3, Java, Oxmo Puccino, Le Peuple de l'Herbe, Mulatu Astatké, Pharoah Sanders, Ahmad Jamal, Terry Callier, LKJ, Joshua Redman, Khaled, Souljazz Orchestra...
http://www.nancyjazzpulsations.com/
8-26 octobre près de Toulouse: Festival avec entre autres Terez Moncalm, US3, Emmanuel Bex, Ray Léma, Chano Dominguez, Stéphane Huchard, Bill Frisell, Ron Carter, André Ceccarelli, Sixun, Mike Stern
http://www.jazz31.com/
10 octobre Théâtre de Noisy le Sec: Térez Montcalm, nouvelle révélation québécoise
12 octobre Maroquinerie (Paris): Amazigh, , l'ancien chanteur de Gnawa Diffusion et de Désert Rebel

mercredi 30 septembre 2009

Siné Hebdo #56: Flamenco, Olé!


30 septembre 2009

Quelques morceaux:
Une Siguiriya de Pepe de la Matrona (1957), dans le style Martinete, les chants de forgerons chantés a capella, parfois accompagnés de coups de marteau sur une enclume, sur les temps 1, 3, 5, 8 et 11.

Une Alegria du grand Camaron de la Isla (1981), avec une longue introduction qui évite le «tirititran tran tran» mais avec un final typique de l’Alegria, accentuée sur 3, 6, 8, 10 et 12.

Une Solea de Inma «La Carbonera» (2009) lancée par le fameux cri «aye aye aye», normalement accentuée sur 3, 6, 8, 10 et 12 mais souvent remplacée par une petite variation classique: 3, 7, 8, 10 et 12.

Flamenco en France:
Jusqu’au 24 octobre Théâtre des Amandiers (Nanterre): "Questcequetudeviens?", spectacle de Flamenco d'Aurélien Bory, avec Stéphanie Fuster (danse), Alberto Garcia (chant) et José Sanchez (guitare)
30 septembre Montpellier: Chicuelo (guitare) et Rosario Toledo (danse)
2-3 octobre Planète Andalucia (Montreuil sous Bois): Juan Polvillo (danseur)
2 octobre Flamenco en France (Paris): Manuel Gutierrez (danse), Antonio et José Cortes (chant) et Pepe Fernandez (guitare)
3 octobre Bordeaux: El Lebrijano (chanteur)
3 octobre Théâtre de la Ville (Paris): Antonia Contreras (chant), Chaparro (guitare) et Jean-François Heisser (piano)
Le 5 octobre à Bruxelles, le 9 à Montpellier et le 27 à l’Elysée Montmartre (Paris): Ojos de Brujo, fusion de rumba catalane et de rap
5 octobre Casino de Paris: Diego el Cigala (chanteur)
21-24 octobre Toulouse: Kiko Ruiz (guitare)

Et sinon:
Le 1er octobre à Brest, le 2 à Saint-Nazaire, le 3 à Bruxelles et le 5 à l’Alhambra (Paris): Tinariwen, le blues des Touaregs du Mali
Le 2 octobre à la Cigale (Paris) et le 8 à Rouen: Mayra Andrade, chanteuse de la nouvelle génération du Cap Vert...

mercredi 23 septembre 2009

Siné Hebdo #55 : James Brown, la suite


23 septembre 2009

Un morceau:
Quand le groupe se reforme en mars 1970, il est composé de Bootsy Collins à la basse, Catfish Collins à la guitare, Chicken Gunnells, Hasaan Jamison et Chopper McCollough aux cuivres, Bobby Byrd à l'orgue (et aux choeurs), Clyde Stubblefield et Jabo Starks aux batteries. En décembre, Fred Wesley et St Clair Pinckney reviennent, et ils apparaissent donc aussi à l'Olympia en mars 1971. De ce fabuleux concert est extrait un CD intitulé Love, Power, Peace dont est tiré le morceau suivant: Super Bad. Si vous voulez vous y croire, imaginez un James Brown en sueur, une Vicki Anderson qui danse en maillot de bain sur une estrade derrière la scène et un public en délire, à peine contenu par un service d’ordre débordé...

Message à Berroyer:
Salut Berroyer, merci de ta proposition mais j’ai aussi beaucoup de DVDs de James, dont celui du live à l’Olympia, en couleurs avec un son assez mauvais, comme le tien...
Effectivement Bootsy a l’air shooté et Catfish fait 10 fois le même solo pendant le concert, je ne sais pas ce qu’ils ont servi à la cantine ce jour-là... Il y a aussi de supers cuivres, de supers batteurs et même des instruments à cordes à l’arrière de la scène. Bobby Byrd est à l’orgue et aux choeurs. Sa femme, Vicki Anderson, est aux choeurs puis «à la danse», en maillot de bain sur une estrade derrière la scène, ce qui ne doit pas aider à calmer le public!
La fin du concert est hallucinante avec le public qui veut monter sur scène et le service d’ordre composé de vieux mecs chauves à moustaches et en imperméables qui se placent entre les musiciens qui continuent leur show, imperturbables. La pochette du disque raconte qu’une spectatrice s’est dévêtue ce jour là, ce n’est pas sur le DVD, mais ça ne serait pas étonnant! Un grand groupe et un grand concert...
A bientôt, on pourra se faire des échanges de DVD,
La bise
Dror


Autres évènements à Paris cette semaine:

23 septembre 20h Karambole café (10 rue Hégésippe Moreau P18): conférence sur Bootsy Collins donnée par Meziane Belkacem
24 septembre Tel Aviv: Leonard Cohen n'a pas annulé son concert, malgré les appels à boycotter l'Apartheid israélien...
25-27 septembre
Cirque d'Hiver: Hommage à Miriam Makeba avec Angélique Kidjo, Asa, Ayo, Sayon Bamba, Dobet Gnahoré, Vusi Mahlasela, Rokia Traoré...
25-27 septembre New Morning: Festival Gwoka Jazz, musique guadeloupéenne qui se joue autour de percussions traditionnelles, interdite pendant longtemps mais qui a récemment accompagné la lutte du LKP, début 2009...

mercredi 16 septembre 2009

Siné Hebdo #54 : James Brown, le Picasso de la musique

16 septembre 2009

Un morceau:

Entre 1964 et 1970, le groupe avec lequel James Brown invente d'abord la Soul puis la Funk est principalement composé de Maceo Parker, Pee Wee Ellis, St Clair Pinckney et Eldee Williams aux saxophones, Fred Wesley au trombone, Kush Griffith et Joseph Davis aux trompettes, Jimmy Nolen et Country Kellum aux guitare, Sweet Sherrell à la basse, Clyde Stubblefield, Jabo Starks et Melvin Parker aux batteries. Comme Picasso qui développe le cubisme plutôt que de répéter à l’infini ses périodes bleues ou roses, James Brown va innover dans une direction inattendue avec la Funk, comme en témoigne ici le morceau Licking Stick - Licking Stick en 1968।


Des concerts à Paris cette semaine:

15-19 septembre Méridien: Martha High, ancienne choriste de James Brown

16-17 septembre Duc des Lombards: Eric Le Lann, le meilleur trompettiste français, ici avec le nouveau groupe avec lequel il vient d'enregistrer son dernier disque à New-York.

17-19 septembre Sunset: Le Palatino quartet, excellent quartet de jazz typiquement parisien puisque réunissant autour du batteur italien Aldo Romano, le contrebassiste français Michel Benita, le tromboniste américain Glenn Ferris et le trompettiste italien Flavio Boltro, tous aussi bons les uns que les autres...

mercredi 9 septembre 2009

Siné Hebdo #53 : De rap et d'épée


9 septembre 2009

Quelques sites web:
Le MAP: http://www.map-site.fr/
Keny Arkana: http://www.keny-arkana.com/
Casey: http://www.myspace.com/caseyofficiel
La Rumeur: http://www.la-rumeur.com/
Zone Libre: http://www.myspace.com/librezone
La Fête de l’Huma: http://fete.humanite.fr

Une interview:
Si vous voulez savoir ce que Casey a dans la tête, vous pouvez aussi écouter cette excellente interview sur dailymotion:
http://www.dailymotion.com/video/xlpv1_casey-interview-street-live-3_music

Un morceau:
Finalement, Hamé ne sera pas à la fête de l’Huma, où il sera remplacé par B. James. Ecoutez-le ici avec La Rumeur dans Je Connais Tes Cauchemars

Autres concerts cette semaine:
11 septembre à partir de 23h30 à l'OPA (9 rue Biscornet, P11, gratuit): Soirée Buzzin' Soul avec DJ Dom-e et El Superfreak
12 septembre Sunset: Paco Séry, le meilleur batteur du monde, rend hommage à Joe Zawinul, son ancien patron

mercredi 2 septembre 2009

Siné Hebdo #52 : Festivals d'Automne


2 septembre 2009
Lien
Les festivals:
Le festival de Jazz de La Villette: http://www.jazzalavillette.com/
Le festival d’Ile de France: http://www.festival-idf.fr/2009/concerts.php
La Fête de l’Huma: http://fete.humanite.fr
Le festival Jazz en Touraine: http://www.jazzentouraine.com/

Un morceau:
But Not For Me, par Ahmad Jamal en trio en 1958 à Chicago.

mercredi 26 août 2009

Siné Hebdo #51 : Les vacances de Mr. Dror


26 août 2009

Des sites web autour du festival de Porretta:
http://www.porrettasoul.it/
http://www.radiosnj.com/eventi/porretta-soul-festival-2009-427.html
http://www.lepida.tv/

Le concert de Toni Green:
http://www.lepida.tv/video/Porretta-Soul-Festival-22a-Edizione-2009Toni-Green_359.html

Réponses aux questions du Siné Hebdo #41:
Oui, Spencer à chanté du Gospel, mais il a aussi chanté de la Soul. En revanche, il n'a pas fait de duo avec son frère Percy. Le dernier soir, tous les invités (sauf Solomon Burke) se sont retrouvés sur scène pour chanter un dernier morceau en commun.

Un morceau:
Le tube de Spencer Wiggins: Uptight Good Woman

Des illustrations du festival (dessins d'Aline):
Spencer Wiggins:


Toni Green:Bobby Johnson:

Solomon Burke:
D'autres concerts cette semaine:
23-30 aout Narni (Italie): Narni Black Festival avec entre autres Solomon Burke, Dionne Warwick, Toni Green...
http://www.narniblackfestival.it/
28-30 août Bordighera (Italie): Festival avec Dionne Warwick, Solomon Burke et Sister Sledge
http://www.musicateatro.com/
29 août - 20 septembre Essone: Festival Au Sud du Nord avec entre autres Emmanuel Bex, Henri Texier, Tarace Boulba...
http://ausuddunord.free.fr/festival/festival.html
29 août Alimentation Générale: Soul Parade avec les DJs Dom-e et El Superfreak
30 août La Tannerie (Bourg-en-Bresse) et 31 août Nouveau Casino (Paris): Jello Biafra
http://www.myspace.com/jellobiafraandthegsm
1 septembre Petit Journal Montparnasse (Paris): René Urtreger

Punk:
Gilles a écrit au courrier des lecteurs:

En complément des chouettes papiers entre nos oreilles de Dror, j’avais envie de causer un brin d’un mouvement culturel et musical bien souvent caricaturé et galvaudé, le Punk, et de l’un de ses illustres porte-voix.

Il est bon de rappeler que ce mouvement, né au milieu des années 70 à New-York, et qui ne ne se résume pas à Sid Vicious, Plastic Bertrand ou les simili rebelles à crêtes des publicistes, a ramené l’engagement politique et la subversion radicale sur les scènes du rock, de Patti Smith à Clash, de Crass aux Dead Kennedys, et en France de Metal Urbain à Bérurier Noir. Combien de militants et d’activistes ont vu leur parcours politique rythmé par les refrains frénétiques et libertaires de ces groupes, mais aussi leurs pratiques de non-profit et de DIY (« Do It Yourself ! », fais-le toi-même !).

Jello Biafra, chanteur /performer des Dead Kennedys justement, groupe de San Francisco, a toujours poursuivi sa route en marge du système tout en l’affrontant perpétuellement. Fondateur d’un label, Alternative Tentacles, qui, au fil des années, a produit la crème des groupes soniques insurrectionnels, mais a aussi parsemé ses disques d’interventions de Noam Chomsky, d’Howard Zinn ou Angela Davis, et distribué leurs livres et films, Jello s’est autant investi dans des tournées de « spoken word » (de l’information politique déclamée, dans l’optique énoncée par lui-même, « Ne déteste pas les médias, deviens le média ! »), que dans la politique partisane en rejoignant un moment le Green Party en compagnie de Mumia Abu Jamal. En 86, les Dead Kennedys, et notamment Biafra en tant qu’éditeur de leurs albums, avaient eu à affronter les foudres des tribunaux et de la censure pour avoir inséré dans leur disque un poster jugé pornographique (c’est vrai qu’il s’agissait d’une œuvre du peintre HR Giger, « Penis Landscape », représentant des répétitions de pénétrations, bref des bites et des chattes !). Soutenu entre autres par Franck Zappa, le Jello s’était extirpé des griffes des censeurs puritains, non sans y laisser quelques plumes entrainant notamment la séparation du groupe. Le prétexte pornographique masquait mal la volonté de porter atteinte à une voix discordante, en plein essor à l’époque (le Reagan Reich II), les Dead K. jouant devant des milliers de personnes à travers les Etats-Unis.

Dernièrement, Jello s’est investi dans le soutien aux West Memphis 3, condamnés pour de soi-disant crimes satanistes en Arkansas et croupissant en taule depuis 14 ans. Ah ! le bon vieux Sud profond. Toujours sur la brèche, cet infatigable perturbateur, doté d’une culture musicale et politique encyclopédique, est de retour sur les scènes au sein d’un groupe dont le nom est à lui seul annonciateur du désordre à venir, le Guantanamo School of Medicine. Et, fait exceptionnel (il n’est venu que deux fois depuis 82), il sera en France pour deux concerts, le 30 août à Bourg-en-Bresse (La Tannerie) et le 31 août à Paris (Nouveau Casino). Des moments rares, un personnage à découvrir assurément !

Gilles Garrigos

mercredi 29 juillet 2009

Siné Hebdo #47 : Le ministère que devrait écouter Besson


29 juillet 2009

En concert:
1er août Gignac: le MAP
2 août Sumène: le MAP
3 août Cabaret Sauvage (Paris): George Clinton
5-9 août Paris (gratuit): Sandra Nkaké dans le cadre de Paris quartier d'été
http://www.quartierdete.com/fiche.php?id=762
5-8 août Saint Florent (Corse): Festival Porto Latino avec Femi Kuti, Amadou et Mariam, Tryo...
http://www.porto-latino.com
7-8 août St Nazaire (Loire Atlantique): Festival Les Escales avec Cesaria Evora, Ray Léma, Sergent Garcia, Marianne Faithfull, Melingo, Winston Mc Anuff, Titi Robin...
http://www.les-escales.com
15 août Aubusson: le MAP
16 août Bruxelles: le MAP
19 août Batofar (Paris): le MAP
20 août Brest: le MAP

Le Ministère des Affaires Populaires (MAP):
http://www.map-site.fr/

Une chanson:Issue du deuxième disque, « Les Bronzés Font du Ch’ti » (2009), A L’Abordage est bourrée d’appels à la résistance et d’allusions anarchistes...

Deux clips:
Elle est belle la France :
http://www.youtube.com/watch?v=DjFfSySOgFA
Lillo (en live) :
http://www.youtube.com/watch?v=F6ZAY1NKlpM

Inteview du MAP par Pierre Tévanian:
http://www.mouvements.info/spip.php?article388

Version plus longue de l'interview de Saïd:
«Les discours paternalistes et islamophobes de l'extrême gauche peuvent être repoussants»
INTERVIEW - Rappeur du groupe Ministère des Affaires Populaire, Saïd témoigne du débat politique qui anime les banlieues des grandes villes françaises et européennes.
PROPOS RECUEILLIS PAR DROR
LE COURRIER DE GENEVE
Paru le Mardi 25 Août 2009
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=443277



Suite de l’interview de Saïd pour Siné Hebdo :

Siné Hebdo: Vous vous intéressez beaucoup à la Palestine, qui est le titre d'une de vos chansons. Depuis quand est-ce que ça vous intéresse?
Saïd: Nos parents nous ont parlé des Palestiniens. Ils ont connu la colonisation et l’occupation de l’armée française en Algérie. Ils vivaient dans un département français, mais ils n’avaient pas les mêmes droits, ils avaient un statut d’Indigènes, ils ont été martyrisés, clochardisés, spoliés, humiliés... Cette horreur de la colonisation, nos parents la connaissent, la trouvent inadmissible, injuste, révoltante et, évidemment, ils ne la souhaitent à personne. Sachant que les Palestiniens vivent ce qu’ils ont vécu, ils trouvent ça horrible et se sentent solidaires. Nous sommes solidaires avec tous les gens qui souffrent, pas seulement les Palestiniens.

Et puis, pour le deuxième disque, on est rentrés en studio 15 jours après notre retour de tournée en Palestine. On a été bouleversés par ce qu’on a pu voir et entendre. On a été choqués par la violence de la colonisation, le Mur, les check-points... Mais on a aussi découvert comment s’organise la résistance, culturellement. Parce que c’est la résistance d’un peuple qui lutte pour exister, pour préserver et transmettre sa culture, pas seulement en se battant, mais en vivant, en étant palestiniens. C’est sûr que ça nous a imprégné et que ça nous a inspiré... Et puis il y a un contrat de conscience avec les Palestiniens: quand tu vas en Palestine, ils te demandent de ne pas les oublier et de raconter au monde ce que tu as vu. On tient notre promesse.

Siné Hebdo: Quel est le lien particulier, selon vous, entre la Palestine et la France?
Saïd: Rappelons qu’en France, on fête le 8 mai 1945 la fin de l’occupation nazie et que, le même jour, la France massacrait des milliers d’Algériens à Sétif et Guelma. La France a tellement les mains sales par rapport au colonialisme, la Françafrique etc., qu’aujourd’hui on se doit d’avoir un regard critique sur ce pays qui ne devrait plus avoir de colonies et qui, pourtant, soutient d’autres colonies. Israel est une colonie, une occupation militaire. Il faut s’informer auprès de Génération Palestine, l’AFPS, le CAP (à Bordeaux), les Indigènes de la République... Il faut aussi délégitimer Israël qui bafoue le droit international et se place au-dessus des lois. Il faut dénoncer l’occupation illégale de Jérusalem et les armes de guerre illégales. Il faut défendre le droit au retour des réfugiés palestiniens et poursuivre les responsables israéliens.

Quand je suis allé en Palestine, j’ai interviewé à Gaza un jeune rappeur gazaoui qui m’a parlé des caricatures. Il m’a dit: «on est comme des animaux ici et vous, en France, vous caricaturez ce qui nous reste pour survivre, c’est à dire la foi, nos croyances, notre prophète, notre dieu... Vous vous battez pour avoir la liberté de faire des caricatures. Alors soyez cohérents jusqu’au bout: si vous vous battez pour votre liberté, battez vous aussi pour la nôtre». Il a tout dit. Pour moi, fondamentalement, ça ne me dérange pas l’histoire des caricatures, c’est le contexte qui me dérange et aussi les gens qui le font. Vu les propos islamophobes de Caroline Fourest, du coup, je trouve ça douteux, archi douteux... Quand tu vois tous les politiciens qui ont soutenu Charlie Hebdo par rapport à la liberté d’expression et qu’il y a zéro mobilisation pour Salah Hamouri, le jeune franco-palestinien emprisonné en israel, on sent le double discours, l’hypocrisie...

Siné Hebdo: Est-ce que vous vous intéressez aussi à d'autres pays que la Palestine?
Saïd: Bien sûr! On est impliqués contre la Françafrique, avec l'association Survie pour qui on a fait des concerts. Dans les quartiers, on a des potes Congolais ou Zaïrois, alors on est sensibilisés. On est avec les sans-papiers de partout: des Kurdes, des Thaïlandais, des Afghans, des Tchétchènes... Par contre, on a oublié de soutenir Ingrid Bétancourt!

Siné Hebdo: Dans vos textes, vous utilisez des mots comme «révolution» (Un air de révolution) ou «camarade» (Appelle moi camarade, avec Keny Arkana). Mais qu'est-ce que ça veut dire pour vous la révolution?
Saïd: La révolution pour nous c’est le changement, l’évolution des mentalités. Est-ce qu’on va rester comme des moutons ou est-ce qu’on va avoir un vrai regard lucide et critique sur la société, changer notre manière d’être et de vivre, avoir une vie plus saine et plus altruiste? Le problème c’est qu’on est tous passés par l'école, la «fabrique à dominants», qui définit comme objectif dans la vie d’être le meilleur, de gagner de l’argent et d’avoir une situation. Est-ce que c’est envisageable de réfléchir différemment?

La révolution pour nous c’est aussi un rêve. Le monde dans lequel on vit ne nous plaît pas. On sent qu'il n’est pas viable, avec 80% de la planète qui crève de faim et 20% qui vit dans l’excès. Il atteint ses limites et il est à deux doigts d’exploser. Il rend inhumain. Le plus frappant, en France, c’est le traitement des sans-papiers: «retournez chez vous, on ne va pas partager avec vous ce qu’on a ici, on a peur de ne pas en avoir assez, alors dégagez». C’est abject. En plus, ces gens-là viennent des mêmes pays que nos grands parents, alors comment peut-on accepter ce genre de choses? Je souhaite que la révolution ait lieu à tous les niveaux. C’est sûr que le mot a été ringardisé, mais je pense que la conscience de classe revient et je suis content de participer à ce changement... comme vous à Siné Hebdo, non?

Siné Hebdo: Est-ce que vous êtes représentatifs des "quartiers", malgré votre succès?
Saïd: Attention, on ne parle au nom de personne, on n'est ni des porte drapeaux ni des porte parole. On témoigne, on chronique, on dénonce. Notre expression est une expression populaire parce qu'on est des gens du peuple, on habite toujours au même endroit. On a refusé de signer sur une Major et d'aller chez Druker, même si ça aurait pu rendre notre situation professionnelle moins précaire. On a refusé de jouer les règles du jeu, de lisser nos textes ou de changer de camp. On ne veut pas passer de l'autre côté de la barrière. Les barrières, on veut les exploser.

Siné Hebdo: Vous tapez sur la droite, mais aussi sur BHL, le PS et même sur Charlie Hebdo ou «l’extrême gauche pathétique comme leur fête de l’Humanité» (dans Faudra faire avec). Avec qui vous voulez faire la révolution?
Saïd: Le changement, il viendra d’en bas. Les gens qui m’impressionnent sont les associations dans les quartiers qui font un travail de terrain incroyable. J’ai beaucoup de respect pour le Mouvement de l'Immigration et des Banlieues, le Forum Social des Quartiers Populaires, les Indigènes de la République, les associations qui dénoncent les violences policières, les discriminations etc. Eux sont en phase avec le terrain, ils sont dans l’éducation populaire, dans l’éveil des consciences politiques, la formation, la mobilisation, pas dans le baratin institutionnel.

Siné Hebdo: Vous utilisez parfois des références anarchistes (dans A l'abordage). Est-ce que vous vous sentez proches ce courant?
Saïd: Oui, je suis séduit par l’idéologie et l’esthétique punk, la marginalité, la révolte contre les valeurs établies, la résistance contre la culture dominante, le refus de cette société, de ses dérives... Le «No Future», ce nihilisme politique, ça me plaît énormément. Si en plus ça s’inscrivait dans une démarche de solidarité collective, ça serait l’idéal!

Siné Hebdo: Est-ce que vous votez?
Saïd: Dans le passé j'ai voté, mais je ne vote plus. J'ai compris que la démocratie est une arnaque, une supercherie. Je ne suis pas contre le vote, mais il est biaisé par la connivence entre les politiques et les médias. Je ne vote pas, mais ce n'est pas par indifférence, c'est un véritable boycott qui n'a de sens que parce que je le dis. J'ai la chance de pouvoir m'exprimer par le rap et c'est mieux que de voter. Si je ne prenais pas la parole de cette façon alors peut-être que j'irais voter. On rencontre beaucoup de gens dans les concerts qui se sentent loin de la vie politique parce que les hommes politiques font partie de la classe dominante, aisée, bourgeoise. Cela dit, dans le groupe, comme dans les quartiers, il y en a qui votent et il y en a qui ne votent pas... Le problème n'est d'ailleurs pas tant qu'il faudrait qu'on vote mais plutôt qu'il faudrait qu'on s'organise politiquement, qu'on aille au-delà du simple rejet.

Siné Hebdo: Vous rendez hommage au courage de ceux qui ont fait le voyage, les souffrances qu’ils ont du affronter, mais vous célébrez aussi leur culture, leurs chansons (dans Chouffou ma sar, de El Hachemi Guerrouabi). Qu’est-ce que ça représente pour vous?
Saïd: On est des enfants de l’école de la République, qui est censée former ses citoyens, les éduquer, les cultiver. Mais elle a oublié une partie de notre culture et, plus que ça, elle l’a niée. Pour être sincère, je me suis senti insulté par l’école de la République. On m’a dit «la culture de tes parents, ce n’est pas la nôtre, elle n’est pas assez intéressante». Si l’école de la République ne t’aide pas à te cultiver, tu es obligé d’aller chercher toi-même. Donc on a cherché. C’est un acte de résistance culturelle, contre le ministère de l’identité nationale. Parce qu’on nous a dit que s’intégrer c’était chanter la Marseillaise, bouffer du cassoulet et, aujourd’hui, avoir une Rolex! Mais les richesses de ce pays, c’est aussi l’histoire des gens de ce pays. Donc on va chercher dans notre patrimoine culturel, et il est très large: il va du nord de la France jusqu’au sud de l’Algérie!